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340 millions dorment dans les coffres de l’État

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE La cagnotte devait servir à payer le personnel soignant qui levait la main pour faire des heures supplémentaires aux blocs opératoires. Un an et demi après l’annonce du plan de rattrapage en chirurgie, la gra

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

La cagnotte devait servir à payer le personnel soignant qui levait la main pour faire des heures supplémentaires aux blocs opératoires.

Un an et demi après l’annonce du plan de rattrapage en chirurgie, la grande majorité des 400 millions de dollars prévus pour réduire les listes d’attente dort toujours dans les coffres de l’État.

Publié à 1h38   Mis à jour à 7h00

Marie-Eve Cousineau La Presse

Selon l’Institut de la pertinence des actes médicaux (IPAM), 10 millions ont été dépensés et 50 millions ont été envoyés aux établissements de santé.

« Il n’y a rien qui se passe », dit le président de l’Association québécoise de chirurgie, le D r  Patrick Charlebois. « Malgré l’implantation de ce plan de rattrapage, des cas sont quotidiennement annulés au Québec parce qu’on est un petit peu au-delà de l’horaire planifié. »

La cagnotte de 400 millions – provenant de la poche des médecins spécialistes et réinvestie grâce aux travaux de l’IPAM – devait servir à payer le personnel soignant qui levait la main pour faire des heures supplémentaires aux blocs opératoires.

« Il y a des hôpitaux où ça n’a jamais été déployé du tout, d’autres où plus d’efforts sont faits », dit le vice-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le D r  Serge Legault.

Il espère que la nouvelle convention collective de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) « fera en sorte que les infirmières et les inhalothérapeutes y trouvent leur compte et répondent présents » si des heures supplémentaires leur sont proposées.

Réaction de Québec

Le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, indique que « certaines conditions limitent toujours l’utilisation » de la cagnotte de l’IPAM. « Nous avons demandé que le comité directeur de l’IPAM, qui inclut le MSSS et la FMSQ, se rencontre rapidement pour que les conditions gagnantes soient réunies afin de permettre l’utilisation des sommes disponibles », écrit-on.

L’entente avec la FIQ, qui sera signée dans les prochains mois, « devrait contribuer à ouvrir les blocs opératoires plus longtemps et à accélérer le rattrapage des chirurgies », ajoute-t-on.

Le cabinet affirme s’attendre à « ce que les chirurgiens soient au rendez-vous » pour opérer plus rapidement les Québécois, « malgré le contexte des négociations avec la FMSQ ».

Au 21 septembre, plus de 162 000 Québécois étaient en attente d’une intervention chirurgicale. Parmi eux, 10 961 l’étaient depuis plus d’un an, soit bien au-delà de la cible de 2500 fixée pour le 31 décembre.

Selon le cabinet, 205 000 Québécois ont été opérés cette année, contre 178 000 à pareille date l’an dernier. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a dépensé 27 millions de dollars pour le rattrapage, une somme à part de l’enveloppe de l’IPAM.

La FMSQ compte soumettre à Québec un plan de rattrapage « élargi » incluant des spécialités médicales avec de longues listes d’attente, comme la gastroentérologie et l’endocrinologie. Des consultations et des examens (ex. : endoscopie) pourraient être offerts durant des « heures défavorables ». Le personnel volontaire serait payé à même l’enveloppe de 400 millions.

SOURCE: Rattrapage en chirurgie | 340 millions dorment dans les coffres de l’État | La Presse